Vous avez compris que survivre n’est pas vivre.

Survivre – notre première préoccupation.

Survivre fait obligatoirement référence à l’idée de la mort. En plus du plan physique, la mort peut être aussi considérée sur les plans émotionnel, mental ou identitaire.

La crainte de la mort sur un des quatre plans est en grande partie inconsciente

parce qu’inhérente à nos fonctionnements réactifs, défensifs et protecteurs. Ces fonctionnements doivent entraîner une réaction immédiate sans qu’il y ait réflexion ou conscience intellectuelle. Dans le danger nous ne devons pas traîner. C’est en partie pour cette raison que les références de danger doivent être refoulées, mais la plus importante est que nous avons commandé, toujours inconsciemment, à notre cerveau de ne pas porter ces références à notre conscience.

Combien de fois avez-vous vécu l’expérience où vos réactions n’étaient pas en phase avec la situation qui vous a fait réagir ? L’explication est dans le fait que nos perceptions refoulées sont en rapport avec notre vécu passé. Ainsi, ces perceptions que nous ne voulons pas conscientiser pique notre réactif quand elles sont activées et sont projetées sur l’extérieur pour ne pas être conscientisées. C’est un mécanisme de survie.

Survivre – un mécanisme.

Je rencontre mon intériorité depuis environ quarante ans et beaucoup plus précisément depuis quinze ans. Je découvre encore aujourd’hui combien des pans inconscients relevant par exemple de mon vécu quand ma mère s’est retrouvée seule à élever trois garçons après l’assassinat de mon père, appellent et contrôlent à leur mesure des situations présentes et les comportements qui les accompagnent. Prendre conscience de ce jeu de survie est libérant, car il permet de suivre et d’influer sur des réactions biochimiques très puissantes. Ces réactions dans notre alchimie sont une multitude d’associations hologrammiques. Elles fonctionnent en multi D du fait de la communication vivante et intelligente entre les sensations, les émotions, les pensées, les croyances, les injonctions, les conclusions, le vide et le silence pour ne citer qu’eux parmi les niveaux de la conscience universelle. Dans ce que j’ai pu découvrir, notre conditionnement s’élabore à partir de cette communication inconsciente et à partir de notre acceptation de la vivre en conscience ou non.

Nous vivons tous un moment ou un autre des déplaisirs plus ou moins forts. Si notre intellect fait en sorte de ne porter à notre conscience que la partie la plus viable, notre esprit pour la survie, a besoin d’incorporer l’ensemble de ces perceptions. Ainsi l’inconscient se crée. Il est important d’entendre que ce système ne se rappelle pas, du comment nous avons conscientisé l’expérience, mais du comment nous avons vécu jusque dans notre inconscient la dite expérience. Ce qui est vécu comme mortel sur un des quatre plans va être conditionné spécifiquement. Pourquoi ? Parce que c’est vital pour survivre.

Pour exemple, les simples « je n’aime pas si », « je n’aime pas cela » ne sont pas anodins et font obligatoirement appel à des sensations, émotions, pensées, vécus émotionnels que nous n’aimons pas avoir en conscience et qui sert à notre individualisation : « moi, je suis celui qui aime cela et qui n’aime pas cela… ». Comment ces perceptions pourraient-elles intervenir dans notre présent si elles n’avaient pas été vécues auparavant ?

Si elles ont été vécues dans la souffrance, croyez-vous que notre système de survie va laisser apporter à notre conscience présente ce qui a été incorporé comme « mortel » ? Comprenez-vous alors que la souffrance, même non ressenti c’est-à-dire non conscientisé, va allumer nos comportements dans une auto-protection ?

L’identification à la survie : le moi-je.

Si notre système de survie puise dans nos perceptions et affirmations le matériel primordial à sa dynamique de contrôle, il puise aussi dans celles-ci l’idée de notre individualité qui devient alors comme une seconde nature. Personnellement je préfère la nommer moi-je qu’égo, mot plutôt vague. Notre identité et nos façons d’être se tissent au fil du vécu expérimenté conscientisé ou non. Une conscience du corps œuvre dans nos vies alors que notre conscience individuelle » n’en sait rien ou même ne veut rien en savoir. C’est un des mécanismes de la survie.

Si je regarde, ma personnalité, c’est-à-dire l’idée de « moi-même » et en plus pour la partie que je conscientise, une façon combative que je peux avoir avec des temps d’abattements perçants, ne vient pas de nulle part. Les événements extérieurs sont bien moins importants et significatifs pour la survie que ce qui est vécu corps et âme. Nous savons toutes et tous qu’un événement semblable vécu par Pierre et Paul, n’entraînera pas le même ressenti chez l’un et l’autre car l’alchimie qui compose leurs fonctionnements est différente. Ainsi, le comment mon âme et mon corps ont vécu les événements cités ci-dessus et la pension chez les Jésuites, participent intimement et précisément à cette combativité ponctuée de découragement. J’expose ici une photo d’un mouvement de ma personnalité. Il en existe d’autres avec leurs compréhensions et conclusions inconscientes des vécus passés.

Pensez-vous que l’élaboration de votre survie suivrait-elle une autre loi, malgré nos histoires et parcours différents ?

La perfection du moi-je dans la survie.

Je sais pertinemment combien cette survie peut paraître compliquée. Plutôt que de s’occuper des ombres ou contradictions de sa personnalité, il paraît préférable à un grand nombre de chercher place et plaisir dans le monde qui l’entoure avec tout ce que cela peut demander d’effort et de travail. Espérer y arriver ou croire d’y être arrivé fait partie de cette stratégie inconsciente. Ne convient-il pas pour survivre de faire en sorte de s’adapter à l’incarnation où nous nous retrouvons physiquement dans le monde qui nous entoure ? Le matériel vit ses règles. À ce moment, toutes les références du danger servent à nous orienter même dans une certaine désorientation. C’est propre au voyage de conscience.

Dans ce voyage, les coups du sort vont nous pousser à effectuer une forme d’introspection et une remise en question. Il est alors possible de pénétrer la complexité de la vie en nous et autour de nous bien qu’elle apparaisse comme compliquée alors qu’elle est simplement riche et insaisissable. C’est l’obligation de garder une résistance aux perceptions inconscientes vécues comme dangereuses qui complique grandement notre conscience sur ce qui est.

Voilà pourquoi, dans une de ses citations Krisnamurti, préconisait cette action.

« Le commencement de la méditation est la connaissance de soi, ce qui veut dire être conscient de chaque mouvement de la pensée et de l’émotion, connaître toutes les couches de ma conscience - non seulement les couches superficielles, mais les activités cachées, secrètes, profondes. »

En cliquant sur le lien, vous découvrirez le développement par Krishnamurti de ses dires. Dans ce que j’ai pu expérimenter plusieurs fois, lorsque j’ai osé passer la résistance à certaines informations inconscientes et osé rencontrer les manifestations désagréables que cette résistance ordonnait à mon cerveau, la paix et le calme alors arrivaient. Dans ce que je peux remarquer chez moi comme chez beaucoup d’autres, le mécanisme de survie est très puissant. Voilà pourquoi ce voyage intérieur est prépondérant pour être avec ce qui est. Il est nommé par certains : « l’être ». Le moi-je et « l’être » vont se confondre à notre esprit. Voilà pourquoi la citation de Nisargadatta : « pour savoir qui tu es, sache qui tu n’es pas » m’est apparu riche de sens. Je ne peux vous dire qui je suis puisqu’il y a ma vie d’homme avec sa structure de survie construite sur la mémoire des perceptions et «l’être » qui porte cette structure. Je le vis à chaque instant.

Le moi-je contre l’unité.

Bon nombre de personnes ne sont absolument pas intéressées par l’unité ce qui est complètement normal puisqu’ils ne l’ont pas goûtée. Nous arrivons dans un corps avec le devoir d’y vivre. Autour de nous, d’autres corps, d’autres formes se présentent. Du un nous passons au deux avec tout ce que cette « différence » engendre dans notre subconscient et nos comportements. Dans ce « jeu-Je » arrivent alors les besoins de respect, de reconnaissance, d’écoute, de sécurité de territoire… jusqu’aux batailles gentilles ou méchantes qui doivent se livrer pour assurer sa protection, sa défense comme sa différence.

Bien sûr qu’un certain bonheur réside lorsque sa vie extérieure coule tranquillement et que nous arrivons à ce qu’elle ne réveille pas trop les couches sombres de notre inconscient. C’est même une bataille que nous appelons gestion de stress qui consiste à faire en sorte qu’il n’y ait que ce qui nous semble bon et juste qui touche notre conscience individuelle. Cela n’empêche en rien la sensibilité humaine qui perçoit ce qui est comme c’est. Notre « moi-je » se coupe de cette sensibilité ou la manipule pour qu’elle puisse être viable.

Au moment où je vous écris ces mots, je suis envahi par un grand malaise que je connais relativement bien. Je suis sous l’emprise d’une peur de ne pas avoir d’avenir. Dans certains moments de mon existence elle apparaît avec une grande puissance et une chaîne d’association de pensées, de croyances, d’images sur le monde et moi-même. La plupart du temps la situation extérieure que je traverse et qui active cette peur n’est pas en adéquation avec l’intensité de la peur qui me prend. Bien évidemment je pourrais occuper mon esprit ailleurs, raisonner mon émotionnel, mais autant par mon expérience d’accompagnant en tant que thérapeute ou par mon expérience de patient, j’ai appris que les informations du conditionnement ne s’effaçaient pas en s’occupant par autre chose. Beaucoup de gens en recherche d’eux-mêmes qui viennent me consulter sont étonnés qu’après cinq minutes, je pointe des traits de leur personnalité ou des éléments de leur voyage de vie qu’elles ont déjà « travaillé » par le biais d’une autre thérapie. Elles pensent que le problème est réglé. Je m’élève souvent contre ces techniques qui disent « régler le problème ». Bien sûr qu’elles peuvent faire en sorte que la personne reparte soulagée en « effaçant » l’apparition du problème. Pourtant les informations qui font s’exciter la charge de stress au point de créer le dérangement, ne partent pas dans le néant. Pour faire un parallèle, croyez-vous que le fait de jeter nos plastiques à la mer élimine le déchet ? Croyez-vous que cette métaphore ne s’applique pas à votre inconscient.

J’ai pris beaucoup de temps dans mon existence à ne plus lutter contre des « petites voix maléfiques » des émotions terrassantes ou des vécus toxiques. J’ai mis du temps à comprendre qu’elles avaient été classées comme « mauvaises » dans ma structure de survie et fonctionnaient pour ma survie comme telle. J’ai mis un moment pour repérer les mécanismes de la protection/défense intérieure. Arrêter de lutter contre m’a facilité ce repérage. J’en suis aujourd’hui à laisser vivre en moi ces informations quand elles sont là. L’expérience que j’ai toujours vécue est que la tempête passe et suit alors une paix intérieure avec sa sensation d’unité.

Est-ce que l’orage qui sévit sur la mer est laid ? Il peut simplement faire peur et cette peur n’est pas forcément mauvaise.

De la conscience individuelle à l’essence universelle.

Dans notre identification à la survie et donc à la croyance que ce que nous sommes réellement est mortel, nous justifions des états d’âme, des agissements de plaisirs ou d’autoprotections. En psychobiologie l’erreur n’existe pas, toutes nos réactions sont parfaites au regard de notre alchimie.

Par contre, un réel besoin de retourner à l’essence universelle anime tous les humains. La bataille pour ne pas conscientiser les ressentis crus comme mortel dans un temps passé complique grandement ce voyage retour. De plus, ce voyage se vit dans sa chair même et non dans sa philosophie ou dans ses rêves. C’est en le vivant en conscience que nous pouvons passer de la réaction à l’action et permuter le réagir en agir. La souffrance est un appel à la conscience. Notre puissance est sans borne, notre conscience individuelle limitée. L’essence universelle nous porte au-delà de notre imagination.

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