C’est un beau jour pour mourir.

Une personne que j’apprécie particulièrement à travers son blog apprendre sur soi et avancer, a convié quelques blogueurs/bloggeuses à poser un autre regard sur la mort.

 

Merci www.sxc.hu

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Puisque Matt d’Acide ici, autre blogueur que j’apprécie beaucoup, m’a catalogué comme inclassable et puisque la vie et la mort fonctionnent ensemble, cet article donnera surtout un autre regard sur la vie pour apporter un autre regard sur la mort.

J’ai écrit cet article comme une ballade. Vos yeux, votre esprit, vos sens, voire au-delà, pourront s’arrêter sur des phrases/idées que vous aurez le choix de lire et méditer et où j’espère, vos tripes et votre imaginaire seront appelés.

Etre conscient du vivre ou mourir ?

Philippe dans son article “apprendre à bien vivre” nous explique : “on préfère vivre intensément, au maximum, en essayant de reprendre le plus possible le contrôle sur notre vie et sur ce qui nous entoure, peut-être justement pour oublier que sur ça, on a aucun contrôle, et on n’en aura jamais.”

Il me semble que le contrôle sur la mort, nous l’avons, justement, puisque nous avons accès au suicide. Le contrôle que nous n’avons, absolument pas, c’est celui sur la vie. C’est peut-être pour cette raison, Philippe, que nous essayons mordicus de la garder et que nous la perdons en le faisant.

C’est quand nous abandonnons cette tentative que nous abandonnons aussi nos actions liées à la peur de la mort.

 

Entre peur de mourir et peur de vivre quel est le plus fort ?

Chaque jour est un beau jour pour mourir.

Je ne connais pas l’historique du dicton indien, mais en l’entendant, j’ai toujours imaginé que les sioux, quand ils l’exprimaient ou le pensaient avaient une façon toute personnelle et juste, de s’offrir à la vie en acceptant la mort qui pouvait arriver au détour d’une bataille ou d’une chasse. Cet adage est pour moi source de sagesse et de bon sens puisqu’il épouse le courant de la vie. Je ne l’ai jamais entendu comme une envie de mourir, plutôt comme une offrande à la vie, presque un merci.

Les choses passent, ce qui doit mourir, meurt- ce qui doit rester, reste. La question est : “qu’est-ce qui est immortel et qu’est-ce qui ne l’est pas”.

Le mouvement de la vie demande de laisser passer.

Pour cette raison si à chaque moment nous laissons venir, sans l’arrêter ou le manipuler, l’objet manifesté en notre intériorité, nous laissons alors la vie nous porter, nous informer, nous nourrir, nous créer.

Si au contraire, nous manipulons, transformons ou arrêtons la course de l’information, alors, nous fixons dessus notre attention inconsciente et définissons une relation d’existence par et avec ce “JEux”.

 

Le mouvement de survie demande, au contraire à ne pas laisser passer ce qui est activé en soi.

 

Le fait que nous jugions en “bon ou mauvais” ce que les situations extérieures soulèvent en nous comme vécu émotionnel, construit une réaction de défense. Il est important de comprendre ici, que la lecture du vécu intérieur est confondue avec celle de la situation extérieure. Cela s’appelle une projection.

Pour survivre, nous devons utiliser le comment nous conscientisons ce qui nous habite afin de répondre à la situation extérieure, y réagir en fonction de son positionnement. Dans ce positionnement nous retrouvons la personnalité, le moi, l’égo.

Ce positionnement “s’alchimise” sur le jugement conscient et inconscient du vécu émotionnel. Comme survivre veut dire “ne pas mourir”, nous nous programmons alors sur le danger. Cela s’appelle vivre à partir de la peur.

Pour faire la différence, il me semble que nous n’avons qu’une chose : l’éveil de la conscience. Et l’éveil ne se recherche pas, il se trouve.

 

Merci à Garvec chez www.scx;hu

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Le cheminement humain ; de la vie à la survie et de la survie à la vie.

 

Nous vivons et nous mourons à chaque instant. Les idées et les pensées, les émotions comme le vécu, les histoires, les croyances, les valeurs et tout ce que nous croyons être, disparaissent dans un instant. Pfouiche ! Cela s’appelle illusions.

Pour nous donner une image, nous cherchons à arrêter ce qui passe puis courrons pour nourrir cette image alors qu’elle est vouée à la mort. Rigolo, non ?

 

Voilà pourquoi Krishnamurti déclare :

« Nous luttons perpétuellement afin de ne pas nous trouver face à face avec ce qui est ».

Une explication de cette citation par Krishnamurti, ici.

 

 

Muktananda prétendait que le travail sur soi est important pour mieux quitter notre monde. Je pense que si, au jour de sa mort, nous pouvons l’aborder sans envie ni refus et qu’aucun regret ne perle au regard de notre passé, alors quelque chose est accompli. Cela s’appelle partir en paix.

Je ne suis pas sûr que cela soit la paix du devoir accompli. Une paix bien plus profonde arrive, lorsque nous avons pu et su nous fondre dans la vie en abandonnant les enjeux et les ficelles de la survie.

 

Le travail sur soi, consisterait à voir ces enjeux et ficelles.

 

Prendre le temps de goûter la vie et osez être.

 

Une fois que vous vous rendez compte que le chemin est le but et que vous êtes toujours sur le chemin, pour ne pas atteindre un but, mais pour apprécier sa beauté et sa sagesse, la vie cesse d’être une tâche et devient naturelle et simple, une extase en elle-même.

Nisargadatta

 

L’existence s’apprécie à travers soi autant qu’autour de soi. A l’intérieur de soi et autour de soi, les éléments de la vie vont et viennent, vivent et meurent. Rester dans cet espace au-delà de ce qui va et vient, nous la fait contempler avec beaucoup de sollicitude et de désintéressement, la seule chose qui soit vraiment intéressante, étant cet espace où tout apparaît et disparaît. Cela s’appelle le lâcher prise.

Dans cet espace au-delà même de l’incarnation, il n’y a aucun qualificatif à rajouter au mot vivre. Vivre là est facile puisqu’il suffit de nous laisser prendre, si nous avons des préférences, alors notre cerveau doit inventer les chemins. Cela s’appelle le contrôle.

 

Pour apprendre à bien vivre, apprenez à bien mourir ».

 

Mais qu’est-ce qui doit mourir ?

 

Pour moi, tout ce que nous utilisons pour nous donner une image et tout ce qui nous coupe de cet espace si tranquille en relation avec le tout et que seules reconnaissent les personnes qui l’ont expérimenté, meurt. L’image que nous fixons sur notre apparence, meurt aussi comme toutes ces représentations.

Notre corps, quant à lui, revient à la terre. Est-ce qu’il meurt ? Dans une certaine mesure, nous pourrions le penser. Je vous invite à méditer celle-ci : est-ce que les aliments qui composent le compost, meurent ?

 

Merci à luizsilvei chez www.sxc.hu

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Tu ne peux pas mourir. Pourquoi ? Parce que tu n’existes pas.

 

Quelle drôle d’histoire, n’est-ce pas. Nous n’existons pas et tant de personnes se battent pour exister.

Comment comprendre cette farce ?

La question qui va avec est la suivante : “qu’est-ce qui nous fait exister.

Si vous me répondez : mes projets – je vous dirais, non.

Si vous me répondez : mes envies, ma volonté “” , non.

“””””””””” : mes valeurs, mon passé “””, non.

“””””””””” : mes émotions, mes pensées , non.

La seule chose qui nous fait réellement exister, c’est la vie. Et dites-moi, pour exister, la vie a-t-elle besoin de nos projets ? De nos envies ? De notre volonté ? Des humains ou autres grimpeurs de collines ?

 

Elle n’a pas de jugement, pas de préférence, elle prend tout, absolument tout, même le rien. Cela s’appelle l’amour.

9 commentaires pour C’est un beau jour pour mourir.

  1. Philippe 23/04/2013 à 4:28 #

    Salut Didier,

    Merci pour ta participation avec ce bel article qui suscite déjà des commentaires bien vivants. 😉

    J’aime bien ta question: est-ce que les aliments qui composent le compost meurent?

    Beaucoup de choses ont déjà été dites, et je ne vais pas revenir dessus. 🙂
    C’est vrai que pour le commun des mortels que nous sommes, on peut avoir tendance à confondre détachement et dépossession.
    Etre en vie, ici-bas, pour moi, c’est aussi avoir des envies, des émotions, des pensées, des projets, etc… mais sans pour autant s’y attacher. Et c’est là où je te rejoints, car tout ça est en effet voué à disparaitre, et n’existe d’une certaine façon que parce-qu’on le fait exister.

    Et en même temps, ce sont ces mêmes choses qui nous font grandir, évoluer, nous transformer, car si elles n’existaient pas, je ne pense pas que nous serions là, en tant qu’humains sur terre, et « matériels ».

    Donc s’en déposséder: non, mais s’en détacher: oui.

    Prendre ce qui vient, créer ce qu’on veut, et quand ça disparait, ben ça disparait, et puis c’est comme ça. Et c’est tout, et c’est bien comme ça.

    A bientôt
    🙂

  2. Marhthine 21/04/2013 à 11:57 #

    Bonjour Didier 🙂

    Ce post soulève beaucoup de questions 🙂 ? Comment sais-tu que tu es vivant ? Comment sais-tu que tu n’existe pas ? Quel est pour toi le contraire de la mort ?
    Qu’est-ce qui nous fait exister dis tu ? tout ce que tu as dit justement : envies, volonté ,émotions, pensées, nostalgie, contrôle ,conditionnements , le manque, le mental , l’ego etc…
    Mais qu’est-ce qui nous rend vivants et qu’est ce que la Vie nous propose 🙂 ? LE LIEN avec Elle , la reconnaître , la servir , mettre notre désir à son service , lui dire oui , se mettre dans la trajectoire du voyage avec elle et éprouver notre coeur consciemment . La mort ne peut rien contre la Vie . La Vie est éternelle .La Vie aime la Vie , elle est au-delà de ce qui nourrit la personnalité , et on affirme son lien au vivant par le ressenti. La Vie , elle est au-delà de « exister », et la réalité de la vie ne nous quitte jamais 🙂 . La Vie , elle attend qu’on l’aime .Elle est l’amour qui contemple sa source .
    Voilà Didier , pour moi , être vivant , c’est être présent au ressenti sinon on ne fait qu’exister . Alors la mort !….elle fait partie de l’existence . Un beau jour , la vie quitte ce corps…mais là nos connaissances sont limités et personne n’en sait rien .
    .Il n’empêche que le contraire de la mort comme beaucoup pourraient le penser , n’est pas la vie , mais la naissance 🙂 Ce qui fait que nos existences se passent de morts en résurrections jusqu’au déclin total du corps . Et après 🙂 il reste le mystère de la foi …, mais là , ce sera pour une autre fois 🙂
    Merci Didier , à plus tard 🙂

    • Thiellet 22/04/2013 à 4:17 #

      Bonjour Marhthine. Nous sommes bien d’accord et merci d’avoir exprimé cela en clair. Nous pourrions même aller jusqu’à la question : qui ressent, qui est vivant et qui est mort ? Puisque au-delà du vide, la conscience ne se révèle même plus. Maintenant elle fait un sacré voyage cette conscience et je la reconnais comme le chemin humain. Il y a bien là un mystère, une beauté majestueuse où nous pouvons passer de la croyance à la foi qui font encore partie du « je n’existe pas » et du je crois exister. Toujours est-il que la mort est la disparition du corps avec son mystère.
      Ensuite qu’est-ce qui nous rend vivant ? Tu dis le lien, ok. Je préfère le mot contact dans le moment, et il n’y a pas à la servir ou nous mettre à son service, tu te fais encore exister en disant cela. La vie, la mort, c’est toi, c’est moi, c’est tout. Il y a donc juste à la laisser faire et à goûter sa félicité, rien de plus. La laissez oeuvrez et se manifester à travers notre véhicule de vie.
      A plus tard et au plaisir Marhthine.

      • Marhthine 22/04/2013 à 9:30 #

        Didier , je vais te répondre mais j’ai un service à te demander 🙂 J’aime bien ton blog parce que la taille de la police est assez grande pour que je puisse lire . Cependant , la taille de la police des commentaires est trop petites pour ma vue et l’effort que je dois fournir pour déchiffre , me coupe du plaisir que j’ai à te lire . Tu penses qu’il y a un possible de pourvoir à la situation ? 🙂
        Peux tu me donner un exemple de » situation  » où tu t’es senti le plus en vie ? 🙂
        Allez , je reviens 🙂 à toutt’ .

        • Didier 22/04/2013 à 10:34 #

          Salut Marhthine.
          Pour la police je l’ai appelée au 15. Enfin il me semble.

          Pour ta question : le passé me gêne, le moment où je me sens le plus en vie c’est à chaque instant, ensuite j’oublie. Les situations n’ont aucun cours, c’est juste ma façon d’être avec… en lien ou en contact. Je préfère juste le mot contact car j’adore Peter Gabriel et qu’il ne fait appel qu’à une faible volonté. Non, ce n’est pas l’ange. Je t’embrasse. Didier

          • Marhthine 22/04/2013 à 6:38 #

            Ah oui merci , c’est beaucoup mieux avec cette taille 🙂
            On était entrain de cheminer sur Qui ressent , qui est vivant ? – le corps , les sens
            Qui est mort ? l’idée de moi même , tout ce qui tient de la personnalité .
             » je suis vivante  » , c’est un accueil amoureux.
            L’important , de mon point de vue , est de savoir quand je suis dans l’idée de moi même et quand je suis vivante .Je suis pas forcée de le faire tout le temps et dans toutes les circonstances . Mais bon il est parfois aussi opportun de me rappeler à l’idée de moi même pour ne pas griller un feu rouge par exemple :). .Lien ou contact , aucune importance , c’est juste la conscience qu’on y met . Pour moi , la conscience n’est pas « Je » mais la Présence , je suis donc , ami Didier , au service de la Vie et engagée avec elle dans tout ce qu’elle peut transporter d’odeurs , de goût , de beauté , de chants et de danses et de frémissements du coeur . Et quand l’ego me rattrape , je lui dis merci , parce que je ne suis pas encore arrivée à Rome , et même si tous les chemins y conduisent , je ne pense pas que ce soit ma destination 🙂 .Ceci dit , I don’t give up and whatever may come and whatever may go , I let the river’s flowing . Didier , aujourd’hui est un beau jour pour mourir 🙂 . Moi aussi je t’embrasse et j’aimerais bien que Gabriel , l’ange , me visite .

  3. Guibert 19/04/2013 à 10:18 #

    Bonjour Didier

    Vaste domaine que celui de la vie, de la mort.
    Je ne suis pas sûr que notre intellect soit capable d’aborder ces concepts sans appuyer instantanément sur le bouton « au secours ».

    La seule « solution » que j’ai trouvée, c’est de regarder ces questions difficiles en changeant de temporalité.
    Si l’on demeure dans le champ de pensée habituel, on risque de buter continuellement contre les limites de la raison.

    Lorsque l’esprit n’est plus dirigé par la raison, on peut regarder mourir une fleur, puis un animal, puis un être humain, avec compassion, avec regret même, mais surtout avec un esprit tranquille.

    Mourir à soi-même demande que l’on commence par vivre à soi-même. La vie est belle, vaste et lumineuse. C’est un acte d’amour.

    Et effectivement, comme tu le dis, la vie ce n’est ni des projets, ni du passé, ni des envies.
    La vie est ce que l’on est maintenant, et là, celui qui me lit, ne peut pas être mort.

    Bonne vie à toi Didier et merci pour cet article stimulant.

    Guibert.

    • Thiellet 19/04/2013 à 11:30 #

      Bonjour Guibert

      Cela fait toujours plaisir de lire par les mots d’un autre ce que je vis en moi. Merci.

    • Thiellet 22/04/2013 à 4:22 #

      Merci de ton passage Guibert. Dans ma compréhension, la peur de la mort se tient dans notre attache à la dimension biologique et notre oubli des dimensions de l’essence, du Je, du Non-Je, des archétypes et du vide. Si nous voyons la vie dans toutes ses dimensions; la mort ou la vie ne sont que deux expressions du JEu de la conscience.
      @+ et au plaisir de converser. Didier

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