Les six centimètres manquants.

Bonjour.

 

J’ai le plaisir d’acceuillir l’article de Marie Biringer, une jeune femme toute mimi qui a écrit une histoire aussi mimi qu’elle.

Cet article illustre un des 7 t’aime-sourires de l’événement : « Agir ? Réagir ? Mais qui ou qu’est-ce qui agit ou réagit ?.

Voici lequel : « Mémé est morte à 95 ans, elle mesurait 1m60, sauf qu’à 45, elle en faisait 1m66 ? Mais qu’est-ce qu’ont bien pu devenir les 6 cm manquants ? »

 

Trois coups… et place à Marie maintenant.

 

Merci à sxc.hu

Merci à sxc.hu

 

                                      27 janvier 2013, 10h30, maman vient me voir dans ma chambre, s’assied sur mon lit. Elle a les yeux rouges et vitreux. Je ne l’ai jamais vu comme ça, je ne sais pas ce qu’il se passe. Elle ouvre la bouche mais semble avoir du mal à parler :

 

–  Mémé est morte Louise. Elle est au ciel maintenant.

 

                                                  Quelques mois plus tard, tout le monde s’active à trier, ranger, jeter les affaires de mémé tandis que moi, dans tout ce tumulte, m’installe dans un coin avec une pille d’albums photo et commence à retracer la vie de mémé. Elle était grande mémé, elle était belle dans ses robes d’été à fleurs. Elle a eu une belle vie bien remplie. Une chose m’échappe cependant, mémé semble plus grande sur ses photos qu’elle ne l’était la dernière fois que je l’ai vu … Je décide alors de mener mon enquête et il ne me faut que peu de temps avant d’obtenir une réponse claire. Maman m’explique que Mémé mesurait un mètre soixante six mais qu’en vieillissant, elle s’est tassée, et ne mesurait plus qu‘un mètre soixante d’après les papiers du docteur. J’ai donc la confirmation que mémé était bien plus grande lorsqu’elle était jeune, mais cela ne m’explique pas pourquoi ! Peut-être ne mangeait-elle pas assez de soupe !

                                                 Afin de trouver le fin mot de l’histoire et les six centimètres perdus de mémé, je me dirige dès le lendemain matin vers la bibliothèque, un album photos de mémé sous le bras. Alors que je m’avançai entre les imposantes étagères où sont entreposés les livres pour adultes, une dame vient vers moi et me demande si je ne me suis pas trompée de salle. Je m’empresse alors de lui expliquer que ce que je suis venue chercher ne pouvait en aucun cas se trouver chez les enfants. Je réfléchis cependant et finis par lui demander son aide car à huit ans un peu d’aide ne fait pas de mal. J’explique à la dame qu’il me faut un livre à propos des années 1910-1920 car d’après son album, mémé était née en 1917 dans un petit village de campagne. Je cherche ce que les gens avaient l’habitude de manger quand mémé est née afin de savoir si elle mangeait ou non de la soupe. Au cours de ma recherche je découvre des choses qui m’étaient encore inconnues : la guerre, les tranchées, le front mais grâce à la dame qui s’applique à tout m’expliquer, je comprends que l’enfance de mémé n’était pas des plus joyeuses. Elle a passé ses premières années dans un pays ravagé par la guerre et son alimentation se basait essentiellement de pain et de soupe. « Mémé mangeait donc de la soupe étant petite ! ». Tout s’emmêle dans ma tête : « pour quelle autre raison mémé aurait-elle bien pu perdre ces six centimètres? Et si  c’était quand même la soupe qui était en jeu, si elle avait arrêté de manger de la soupe ? »

                                                    Après avoir remercié la dame pour son aide je reprends le chemin de la maison tout en réfléchissant : mémé ne mangeait effectivement jamais de soupe quand j’allais dormir chez elle, et pourtant, elle m’en préparait toujours un bol pour me réchauffer les froides nuits d’hiver. Dès mon retour à la maison, je m’empresse d’aller trouver maman à son bureau :

 

–  Maman, pourquoi mémé ne mangeait-elle pas de soupe ?

 

Malgré sa surprise face à cette question qui semble venir de nulle part, maman réfléchit et finit par me répondre.

 

–  Je crois qu’elle n’aimait simplement pas la soupe Louise. Mais toi, tu dois continuer à en manger pour vivre aussi longtemps qu’elle, et devenir une belle et grande jeune femme !

 

Maman ne savait pas où je voulais en venir à ce moment-là mais, tout a soudainement pris forme dans ma tête. J’ai compris ce que sont devenus les six centimètres manquants : mémé n’aurait jamais dû arrêter de manger de la soupe car c’est grâce à elle que l’on grandit, et sans elle, les centimètres gagnés disparaissent petit à petit. C’est à ce moment précis, que je me suis fait la promesse de toujours manger de la soupe pour qu’à l’inverse de mémé, je reste grande toute ma vie.

 

Vos commentaires, notes, clic sur icône, sont les bienvenues. 

 

Un commentaire pour Les six centimètres manquants.

  1. Sinje 02/04/2013 à 4:24 #

    Salut Didier, bonjour Marie !
    Bien vu, l’histoire de la soupe m’a bel et bien échappé lors de ma quête à propos de ces 6 cm ! Pourtant mes filles auraient pu me mettre sur la piste ! 😉 L’une qui adore la soupe, l’autre qui n’aime que celle en briques et la troisième ne veut manger que de la soupe de poisson ! …
    Va falloir trouver la bonne recette de soupe ! Que diriez vous de « La soupe de Mémé pour garder la bonne taille » ? Je pense que nous devrions aller rencontrer la trisaïeule de Jeanne pour qu’elle nous révèle tout de même la liste de ses ingrédients secrets !
    Au plaisir
    Sinje

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