« I’m a poor lonesome cowboy… » mais, j’me soigne.

Quoi dire, quoi penser, quoi faire ? Ce monde est pourri, je le savais bien. Rien ni personne, et encore moins moi-même, ne pourra y changer quelque chose. Mieux vaut se détruire à petit feu, s’enflammer et s’enfumer. Mieux vaut vivre à feu et à sang. Mieux vaut être bouillonnant de rage et d’impuissance. La liberté de sombrer s’étend quand il n’y a plus de loisir à “s’enjouer” ou à s’amuser dans l’insouciance et non dans la soucieuse obligation de tromper son ennui. Arrivé gonflé d’espoir désabusé, il ne me restait plus qu’à dégonfler cette baudruche d’attente.

C’était à peu près ma disposition d’esprit et d’émotion quand j’attaquais ma vingt-troisième année, vingt-troisième si ma mémoire est bonne.

Les mots dessinaient des bleus sur mon âme, le “désempoire”, comme l’appelle Vassiliu, collait aux semelles de mes chaussures, tant et si bien que le trottoir devait me repousser pour m’empêcher de faire du surplace. Mais la vie a l’air de ne pas vouloir abandonner ses petits sans avoir, avant, clignoté ses signes de providence. Elle me lançait donc des sourires attentifs aux éclaircies possibles et attendries dans la brume de ma conscience préoccupée.

Comme l’institution politique était, indirectement, à l’origine d’un des drames de mon existence, que l’institut religieux était à l’origine d’un autre, et qu’en plus mes parents avaient participé aux deux, j’étais imperméable aux signes de repêchage provenant de sources conventionnelles. Ainsi j’allais être profondément touché et réceptif par l’art de tout acabit et les nouvelles formes de communication : les rencontres de personnalités contrastées et de voyageurs décalés du monde terrestre comme du monde intérieur, des chansonniers aux mots exacerbés et des livres précurseurs, la thérapie avant-gardiste.

Je déambulais, à l’époque, habillé pantalon et blouson noir, les deux en cuir bien sûr, et pour couronner, un superbe bonnet en laine jaune poussin. Je me rappelle avoir rencontré vers la rue de Douai, le quartier des instruments de musique, la bande à Higelin. Là, un Simon Boissezon m’avait reconnu de son monde. Oui, je voulais devenir musicien. Mais comme ma tête était décollée de mes épaules et que pour voyager il est bon d’avoir les pieds stabilisés sur la route, la vie allait m’envoyer des messages de grâce qui allaient œuvrer pendant des années et m’amener à une compréhension satisfaisant aujourd’hui plus que mon équilibre.

Un merci, certes, peut être livré à cette vie qui m’a fait entendre qu’elle tenait plus à moi que moi à elle. Elle allait me faire réaliser que chacun de nous était composé de son expire-inspire.

Mais n’anticipons pas, revenons au propos qui me pousse à vous convier à “sniffer” ces quelques lignes. Oui chers lecteurs, chères lectrices, il est tout à fait possible de lire des textes en respirant à plein poumon les lignes. L’avantage de cet exercice est d’insuffler une compréhension plus sensitive, plus émotionnelle, voire plus intime, plutôt qu’une compréhension attachée à un raisonnement qui mentalement s’active en raciste de l’inconnu ou à des peurs qui tirent les rideaux aux fenêtres et privent du jour.

Je vous convie au mode d’emploi :

1/ prendre les mots, certes par la lecture ;

2/ les laisser entrer autant dans son esprit que dans son émotion jusque dans sa chair ;

3/ là, pas besoin de s’agiter, juste laisser agir et vivre ;

4/ constater ce qui se fait en soi aux divers étages de votre vie en laissant de côté la réflexion mentale.


Donc, je vous en prie, “sniffez” les lignes, cela ne coûte rien, ce n’est pas mauvais et peut être bon pour la santé. Je vous invite aussi à faire de même avec les livres cités ci-après. A voir s’ils vous aideront à atteindre le nirvana des cimes de la simplicité. S’il vous plaît, prévenez-moi en tout cas.

Comme vous devriez le savoir, la vie fourmille de trésors insoupçonnés qu’elle dépose à point nommé devant nos yeux ouverts et dans nos cœurs, nous les prenons en conscience ou pas. Ne laissons pas trop longtemps macérer ces trésors dans la lie de notre conscience.

Parmi ces trésors, au cours de mon bonhomme de chemin, trois « bouquins » ont ouvert leurs pages à mon esprit, et ont ancré dans ma mémoire, mon intuition et mon devenir des inspirations insoupçonnées avec “une préconscientisation” en guise de préchauffage d’un tout n’est pas tout rose jusqu’au tout n’est pas tout noir, en quelque sorte, des lunettes roses d’un Polnareff jusqu’aux noires, d’un Ray Charles.

Le premier livre, qui provenait en fait d’une série, était l’œuvre d’un certain Carlos Castaneda, dans cette série : “l’herbe du diable ou la petite fumée”, “voyage à Ixtlan” et “histoire de pouvoir”. Je ne me souviens plus aujourd’hui lequel d’entre ces trois m’a laissé des traces indélébiles, que me pardonne l’initiateur de cet article, j’en ferai un package. Certes j’aurais pu me replonger dans les dessins de son encre expérimentatrice, mais il m’a semblé intéressant de laisser parler le souvenir qu’il m’en reste : une fabuleuse recherche en soi-même ponctuée d’une délivrance de ses hantises incrustées, expérimentées par un Carlos parfois hagard conduit par un maître impressionnant.

Pour le maître : prenez un tiers d’homme, un tiers de Dieu et un tiers de Lucifer, et vous obtiendrez le chaman : Don Juan.

Pour l’élève : prenez un bien paumé, laissez-le séjourner des années entre mille voitures, si possible la nuit sans ses parents et, s’il vous plaît, non sevré, dépité et vous obtiendrez son élève : Castaneda.

Les livres de Carlos Castaneda sont une porte vers un autre univers.

Rencontrer la liberté du deuxième héros de ce livre, de nationalité mexicaine, avait été pour moi une formidable “recommencée” à espérer. D’autant que ce moi de l’époque cherchait son père, parti violemment des années avant, et n’avait plus d’estime en aucun humain. Les lendemains devenaient possibles.

En passant, nous avons coutume de dire que l’espoir fait vivre, je crois plutôt qu’il fait survivre. Mais cela permet au moins de s’accrocher. C’est souvent épuisant.

Revenons avant que cela ne parte en fumée, Don Juan, donc, montre dans cette série, une capacité surhumaine à voir au-delà de ce que le commun des mortels est habitué..

Une intelligence pleine d’amour allait porter l’échange entre Castaneda et ce Don, non parrain tueur, de donner la possibilité à un débile de sortir de sa torpeur. En passant encore, ce débile m’allait bien. Leur rapport a quelques truculences dont j’ai oublié les détails, mais il m’a semblé se passer entre un deuxième père idéalisé et un fils désespéré. De plus, une partie de l’éducation de Juan se passait sous l’appui du peyotl, ce champignon hallucinogène qui permettait de franchir des barrières “psycho-déliques”, notamment à un Carlos englué dans ses considérations et assurances étriquées. Ce cheminement m’intéressait d’autant plus qu’à l’époque je fumais comme un pompier, et qu’une bonne partie de la populace me sapait mon plaisir d’halluciner. En plus, Juan offrait à mon besoin de piédestal ses magnifiques pouvoirs où, entre autres, il rehaussait mon rêve en me montrant qu’il était possible d’avoir un corps sensible à la transformation et à la traversée du mur du son. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il pouvait se déplacer à la vitesse de la lumière, se téléporter en quelque sorte. Et ce n’était pas tout, il pouvait parler à la nature et celle-ci lui répondait. Moi qui avais été sauvé par la force de la nature et qui n’avais lu que de la science-fiction, waouh! Qu’est-ce que cela ne m’a-t’il point fait ? La SF sortait du rêve, je rêve ! Je me voyais bientôt comme un Dieu incarné et songeais déjà à partir au Mexique, ce pays écrasé par les “Etats-Dés-Unis”.

Certes, je n’y suis jamais parti. Certes j’ai arrêté la petite fumée et Ixtlan n’a pas porté mes pieds, bon.

J’avais, dans ce voyage littéraire, amassé suffisamment de force pour continuer mon chemin.

Ainsi, j’allais collectionner les thérapies et thérapeutes, chercher ma superbe par sept années de délire théâtral et essayer de m’ancrer en “m’emPaPatisant” (j’invente un mot) via les Gurus du Sidha Yoga : Muktananda, Gurumayi et son frère Nityananda et des thérapeutes de belles pointures. Toute cette recherche s’est continuée dans une grande incompréhension. Je ne savais pas exactement ce que je recherchais, mais ce que je cherchais devait le savoir puisque j’y allais sans souffler. Le désespoir était malgré tout tenace et la route longue, même si le blasphème s’était tu.

Ainsi j’ai récité pendant dix ans des “Om Namah Shivaya” et des “Am Sa” sans trop comprendre à quoi cela servait ou ce que cela me faisait. J’étais obnubilé par la grandeur des “Gurupanard” dont j’attendais le septième ciel comme un « accro » du septième art. Pourtant, j’ai eu l’impression parfois que, dans cette assemblée, beaucoup se trompaient ; mais je revenais, docile, à leur enseignement.

Aussi, je cherchais à grand cri le réveil primal, à l’aide de ces très bons thérapeutes que sont Etienne Jalenques et Josette Calmès, que je remercie pour leur humanité au “pas-sage”, à travers leur technique du “cri primal”. A la sortie de cette thérapie émotionnelle, j’ai été amené à comprendre qu’il était plus intéressant de ne pas passer à l’acte et donc de ne pas exprimer une émotion, mais plutôt de percevoir ce vécu en soi. Qu’est-ce que je veux dire ? Je veux dire qu’il y a deux façons de ne pas assumer son émotionnel : le refouler et le projeter. Bien que cette pratique en ait aidé plus d’un, elle amène plus, à mon avis, à se débarrasser de son ressenti non conscient plus qu’à prendre cette information de vie, avec intelligence et apprentissage. C’est peut-être pour cette raison que Josette allait quitter le bureau d’Etienne afin d’établir le sien dans le quartier des Halles, et proposer à ses patients de regarder les différents tableaux de leur existence afin de leur permettre de se trouver une place dans leur sphère de vie. Je la remercie, car j’utilise aujourd’hui cette directive comme celle de laisser vivre en soi ce qui vit comme cela vit.

Ainsi toutes ces expériences allaient me faire préférer au théâtre, le domaine de la thérapie. J’étais servi, moi qui en cherchais une. Quoi ? me direz-vous, mais une “terre happy” ! vous répondrais-je.

Ainsi j’allais adopter ce que beaucoup de thérapeutes font sans le savoir ou le reconnaître, pour continuer à me soigner en transfert à travers un patient.

La compréhension du projet sens aide à mieux cerner ce mécanisme. (Article sur le projet sens à paraître)

Ainsi et à ce moment, ma vie allait se partager entre le besoin de trouver des solutions au mal-être et l’espoir, un jour, de s’éveiller. Une voie entre la recherche du pouvoir et l’aspiration à la paix. Aussi la voie du conflit et de la dualité.

En visite en Inde, habillé à l’époque en coton de couleur, pantalon et t-shirt, crâne rasé –. oui je voulais devenir Swami pour ne pas dire Guru après le Guru — dans l’ashram du Sidha Yoga, je crois avoir entrevu un homme qui allait être plus tard un de mes professeurs ; j’ai nommé, Ladys and Gentlemen, le très prestigieux Docteur Stephen Wolinsky. Il allait, via son cours, m’aider à prendre conscience de ce que j’avais fait pendant dix ans en méditation. A la suite de sa formation, je traduisis en français avec un ami un de ses livres. Ce fut une bonne chose, vu qu’il n’y en avait qu’un de traduit en notre langue et qu’en plus, il est aujourd’hui en cessation d’activité, attention, le livre, pas Stephen. Mais chut, que cette traduction reste entre nous, elle est sauvage. Au moins, elle va me permettre de pondre ce bon Dieu d’article, mais oui il est bon – quoi ? L’article ou Dieu ? Je vous en prie, à votre discrétion.

Quoi qu’il en soit, le récit ci-dessus est fait pour vous dépeindre mon état d’esprit à la cueillette des pages de : The Beginners Guide to Quantum Psychology. Cette récolte allait me permettre de reprendre des données vues dans le cours, et comme j’avais suffisamment expérimenté la matière, elle allait aussi me permettre de mieux me rendre compte de ma compréhension.

Pour votre vision :

Imaginez-vous perdu, ne sachant quoi dire du monde, de la vie, de Dieu, des parents, de ces images qui vous servent de repère. Imaginez-vous dépités.Imaginez que malgré ce désespoir, même la mort ne semble pas une libération. Imaginez-vous tirer votre vie à la va comme j’te pousse, et puis petit à petit la vie prend du sens, petit à petit il vous apparaît :

  • que l’enfer et le paradis sont sur terre,

  • que Dieu revêt bien des visages puisqu’il revêt celui de chaque homme,

  • que chaque homme doit par sa conscience s’offrir sa deuxième naissance,

  • que tout ce qui nous arrive est une conséquence de notre vision intérieure,

  • que le jugement dernier se passe à chaque minute de notre quotidien,

  • que ce jugement se base sur notre choix dans l’instant à vivre l’unité ou la dualité,

  • que l’alchimie biologique est directement liée à l’intelligence de la nature et de l’univers,

  • qu’il est peut-être donné à l’homme de se tromper pour qu’il puisse exercer sa conscience cosmique…

Je pourrais encore développer, tant il y a de choses sur ce sujet à souligner. Pour l’heure je vais vous partager, ci-après, des points extraits de deux autres livres, points qui ont enrichi ma compréhension au point de me faire passer de la croyance à l’évidence.

Stephen Wollinsky

Pour le premier, le guide du débutant en psychologie quantique :

  • le jeu entre faux noyau et faux soi,

  • la conceptualisation de l’identification à ce que nous ne sommes pas,

  • notre vie suit la peur et passe par une dévalorisation compensée par l’orgueil,

  • la perte de ce que nous sommes vraiment.


Oui, cela va chauffer ou cela va “danser”. Accrochez-vous, la matière est “dense”, la vie pense pour nous, les nous qui dormons bien au chaud dans la panse de notre conditionnement, et qui pensons/pansons tant bien que mal des blessures dont nous avons oublié jusqu’à leur objet voire même non vécues.

The Beginners Guide to Quantum Psychology” est une inspiration et un guide précis sur la route de la conscience de qui vous êtes réellement. Je salue ici son auteur.

Avant d’explorer en quoi ces données ont fait évoluer ma vie, je vais vous expliquer en quatre phrases à quoi sert la psychologie quantique.

C’est une aide pour réaliser qui nous sommes vraiment en prenant en compte le fait que nous sommes “le tout” et le rien à la fois.

La meilleure façon de réaliser qui nous sommes, est de repérer ce que nous ne sommes pas et que nous croyons être.

Le mentor de Stephen s’appelait Nisargadatta Maharaj. Celui-ci déclarait :

“Si tu veux savoir qui tu es, tu dois savoir qui tu n’es pas.

Pour lâcher quelque chose, tu dois reconnaître ce que tu tiens (inconsciemment)”.

Leurs propos ont été d’une très grande richesse pour moi dans la compréhension de ma vie comme de la vie humaine. A cette lecture je relevai ces vérités :

1/ la sûreté dans l’éphémère.

Une chose est sûre, c’est que tout change, d’une façon ou d’une autre, aujourd’hui ou demain, et que nous pouvons être sûr… de rien.

Je réalisais que j’avais construit ma personnalité sur le trauma de la réalisation de ma pseudo-séparation, et je réalisais que ceci s’appliquait à tous.

Mais séparé de quoi ? De notre origine.

Ainsi je comprenais que nous venions au jour avec un arrière-goût de l’immensité qui compose l’être, et nous nous retrouvions dans un corps et un esprit. Ces deux pôles réagissent plus à l’avoir qu’à l’être. Ainsi les je, tu, ils, nous, vous, ils, se reconnaissent, s’identifient et s’accrochent donc à cet avoir et oublient ainsi l’existence de leur être.

L’origine devient l’espace à éviter, et notre corps-esprit, l’espace à conquérir.

De cette dichotomie, cette dualité, s’ensuit obligatoirement un combat grandiose entre le soi et le moi, il s’en dégage deux expressions majeures :

  • la petite existence de l’identification, cette survie où nous nous accrochons à nos repérages mentaux (appelée petite mort)

  • la grande existence qui nous compose entièrement.

Pour s’en rendre compte, l’obligation d’une prise de conscience m’apparût sans appel car nous sommes enfermés dans ce que nous appelons en psychologie quantique, “le faux noyau”. J’ai retrouvé ce concept dans le projet sens évoqué en décodage biologique, et je l’ai encore mieux compris dans ce que nomme Jean Bouchart d’Orval ou Eckhart Tolle notre conditionnement.

Non, le conditionnement n’est pas l’effet de notre éducation, à l’âge adulte nous avons le loisir de faire le tri dans cette éducation. Si nous ne le faisons pas, c’est que nous avons besoin de rester en lien avec nos parents et/ou notre généalogie. Pourquoi ? Parce que nous confondons notre origine… divine, je dirais (c’est le mot le plus reconnu pour cet espace non-temps) avec notre origine terrestre (nos parents). Il est pourtant écrit dans la Bible, un équivalent de : “si tu veux venir à moi, quitte tes parents”, c’est-à-dire toute notre identification à ceux-ci. Dans le trouble du trauma de cette fausse séparation, nous allons expliquer celle-ci afin de calmer notre esprit. Dans la peur inconsciente de disparaître, vécue par tous à ce moment, nous allons construire des conclusions comme : “je suis néant” – “je suis indigne d’amour” – “je suis inadéquat”, etc. Ces raisons fausses et douloureuses, mais moins douloureuses que le trauma lui-même, et donc atténuant celui-ci, vont être enfouies en nos abysses. Ceci s’appelle le faux noyau. Elles ne sont pas pour autant oubliées. Nous allons alors les compenser par un “faux soi” qui va chercher à contrebalancer le moteur en : “je dois être quelqu’un” – “Je dois me faire aimer” – “Je dois être dans le moule” – etc. Ainsi se monte notre conditionnement. Par là, j’ai réalisé combien j’utilisais ce faux soi pour me croire quelqu’un. C’était une course douloureuse sans fin qui débouchait sur plus que rien, le rien du rien, un gesticulateur immobile.

L’entendre est une chose, le dépasser en est une autre.

J’allais réaliser qu’il était impossible de soigner le faux noyau/faux soi, qu’il était simplement possible et salutaire de se rendre compte que j’étais bien autre chose.

2/ Le fait que notre identification à ce faux soi / faux noyau nous bloque dans un passé non passé et dans une peur de l’avenir.

La fausse idée de la séparation nous amène à nous construire sur le manque, ce qui nous amène à vivre dans la peur. Ainsi Krishna Murti déclarait que nous vivions à partir de la peur.

A travers le livre de Stephen, ceux de Castaneda, tout ceci, au cœur même de ma vie, m’apparut tellement vrai.

La psychologie énonce plusieurs principes, voici un de ceux-ci :

“ Quand un besoin biologique n’est pas satisfait et qu’un désir psychologique se substitue à ce besoin biologique, cela résulte d’une action « obsession /compulsion  – désir/réaction, mais non d’une satisfaction”. Nous cherchons par tous les moyens, pendant une bonne partie de notre vie à assouvir un besoin non satisfait dans notre passé. Comment pourrions-nous le faire puisque ce besoin n’est plus. Mais voilà, parce que la non-satisfaction à ce besoin a raisonné en nous avec la peur de se perdre dans ce que nous percevons comme néfaste (notre origine), nous résistons et nous restons figés dans ce que nous percevons comme néant qui est justement notre nature universelle. Nous restons collés à mort, à l’identification de notre moi corps-esprit. Dans ce corps, s’alimente en nos cellules la mémoire du passé. Notre esprit retient la chaîne d’identification expliquant, recherchant et justifiant son existence. La peur est une dynamique qui nous pousse au devenir. Cela peut paraître utile !

Pourtant demandez-vous pourquoi nous courons de plus en plus, et demandez-vous : après quoi je cours réellement ?

Peut être avez-vous entendu ce concept : « nous avons plus peur de la lumière que des ténèbres ». Pourquoi ? Parce qu’en voulant maîtriser les ténèbres (nos expériences inconscientes refusées), nous nous identifions à elles et ne pouvons plus nous en passer, alors la lumière menace notre identité. C’est un phénomène que je constate souvent dans les séances que je propose : une fois qu’une personne commence à accepter de lâcher son identité, et ce d’une façon active et non mentale, une bataille se joue dans la biologie même, l’égo retient le processus d’illumination. C’est judicieux de le constater.

3/ Nous nous construisons sur une multitude d’identités qui ne correspondent en rien à notre véritable nature.

En croyant que ces identités nous portent, nous perdons la conscience d’être portés par l’univers lui-même. C’est pourtant un fait : quand j’ai lâché ces identifications j’ai réalisé combien je respirais dans l’univers.

4/ Nous cherchons la paix dans notre dimension émotionnelle alors qu’elle existe dans notre dimension de l’essence.

Il est expliqué dans ce livre les diverses dimensions dans lesquelles nous vivons : extérieures, de la pensée, de l’émotion, biologiques, de l’essence, du Je, du non-Je, des archétypes, du vide et de l’au-delà du vide.

Chaque dimension a ses propres lois. Ainsi dans la dimension de l’émotion s’activent des informations internes qui nous servent à répondre à des informations externes. Il existe essentiellement quatre émotions : la joie, la peur, la tristesse et la colère. Elles ont des variations comme craintes, énervement, attristement, rage… Celles-ci vont composer un nombre incalculable de vécu/ressenti.

Dans la dimension de l’essence s’activent des valeurs pures comme l’amour, la paix, la liberté. L’émotion est du feu, elle s’éteint comme elle se rallume à la moindre étincelle.

Le pur amour, la liberté, la plénitude sont des vécus stables, ils ne s’éteignent pas et n’ont pas besoin de s’enflammer. Ils nous guident vers le Je et le non-je.

Derrière tout cela, le vide porte le tout.

Tout ceci m’était tellement phénoménal que mon cerveau n’allait pas tout prendre sur le coup. J’essayais à l’époque, tant bien que mal, de survivre en travaillant presque jour et nuit pour me payer des études qui allaient soi-disant me sortir de ma condition. Eh oui, je confondais condition et conditionnement.

J’étais, en ce temps, habillé en jeans et veste décontractée, une casquette en laine tricotée par les mains de mon ex-femme. Oui je rêvais d’être un autre moi-même, tellement ce que je voyais de lui me faisait encore horreur.

L’être est pure joie, pur amour. Il vit en permanence dans la félicité présente de son existence.

La découverte suivante allait aussi être de taille.

Par la psychologie quantique, ma réflexion et ma compréhension sur l’être s’étaient étoffées.

A travers le décodage biologique par quarante jours de formation chez Gérard Athias, j’allais réaliser combien nous nous formatons sur une histoire qui n’est même pas la nôtre.

C’est tellement colossal que cela nous “colle au sale”. Chez les “psycho-quantiqueux”, j’avais remarqué combien il était facile de rester bloqué sur l’être. Chez les “Bio-décodeux”, j’allais remarquer combien il était facile de rester bloqué sur son histoire passée. De l’assemblage des deux, je réalisais combien notre incarnation s’équilibre et se joue autour de ce que nous avons et ce que nous sommes.

Nous vivons dans une fausse conjugaison.

Ainsi les dires de Muktananda m’apparurent clairs :

“Dieu nous donne ce que nous avons toujours eu et que nous n’avons jamais voulu et il nous prend ce que nous n’avons jamais eu et que nous avons toujours souhaité”.


J’ai mis dix ans pour comprendre cette phrase et cinq ans pour réaliser sa félicité et son cadeau. Le livre de Jean Bouchart d’Orval : “Au cœur de l’instant” allait largement m’aider à cela.

Il n’y a pas si longtemps, dans ma pratique thérapeutique, je cherchais à aider à changer ou solutionner une problématique. J’avais bien lu dans le guide du débutant en psychologie quantique : “Avant de vouloir te séparer de quoi que ce soit tu dois d’abord vouloir l’avoir”. Mais je persistais dans cette manipulation.

Ce conseil est très utile puisqu’il m’a aidé à mieux saisir que quand je me bats pour ne plus avoir une information qui vit dans ma chair, si je veux mieux entendre de quoi elle est constituée, il est judicieux de l’accepter comme elle est sans vouloir la changer.

Ainsi Jean Bouchart d’Orval parle d’acceptation sans limite et d’exploration de ce que nous pouvons vivre au moment où nous le vivons. Ce livre a été un élément qui m’a fait basculer dans la joie de vivre et qui a assis ma pratique d’aide à la personne.

La joie porte tout.

Jean Bouchart d'Orval

Quand j’ai lu ces mots, ils ont fait tilt dans ma tête. Je réalisais combien derrière la peur, la tristesse comme la colère, il n’y avait que de la joie. C’est comme des poupées russes où la joie engloberait le reste. Ceci m’est apparu comme une évidence, et cette évidence m’a transporté de joie. Jusque-là, je pensais que la peur guidait la vie, donc la mienne. Dans un déclic j’ai compris que c’était en fait la joie et qu’elle était elle-même portée par l’amour. Tout, absolument tout est amour.

Vous en doutez ? Un exemple parmi tant d’autres : ce doute s’organise pourtant sur vos mauvaises expériences qui vous guident vers un scepticisme, ce sentiment est perméable à la douleur et vous ne voulez pas le ressentir. C’est donc une protection, n’est-ce pas une des formes de l’amour ?

Cette joie, cet amour sont perceptibles dans l’exploration et l’accueil de l’instant.

Vivre l’instant donne un pouvoir qu’aucune mainmise sociale ou humaine ne peut posséder. C’est le pouvoir de vivre et de réaliser que nous sommes la vie.


J’ai écrit dernièrement sur ce sujet dans mon article pour Yvon du blog copywriting : 5 clés pour sortir de la crise. Je vous invite à le lire en fin d’article.

J’aimerais simplement partager une réflexion dynamique. Le cerveau fonctionne sur le futur immédiat, son rôle : faire en sorte que nous soyons encore en vie la seconde suivante. Pour ce faire, et ce, dans le moment d’une situation expérimentée, il fait des rapports entre le passé, analogues à celle-ci, la façon de vivre présentement ce vécu, le futur qui peut en découler, le passé qui est en fonction de ce futur activé afin de nous mettre dans un comportement approprié qui est souvent, pour un bon nombre, fortement lié à un passé. Bien évidemment le calcul sur la ligne du temps peut se jouer dans un autre ordre.

Pour Athias, vouloir vivre dans le présent est une preuve d’une grave dépression.

En effet, le présent n’existe pas, il est extrêmement fugace et volatil.

Dans sa fleur, nous y cultivons l’éphémère.

Dans son observation ouverte, nous pouvons nous rendre compte de la félicité de la vie, ou si nous ne la percevons pas, de notre manière inconsciente de se couper d’elle.

Eckhart Tolle parle du pouvoir du temps présent. Je peux vous affirmer que ses dires sont bien réels.

De plus, si la joie fait place à la peur, si nous quittons la focalisation sur notre chaîne de conclusions qui compose notre conditionnement, alors s’ouvre en soi un espace non-temps au cœur de l’instant.

Alors, nous ne sommes plus dans un exercice de méditation mais dans son acte, nous ne sommes plus à la recherche de … nous sommes tout simplement. Alors peut apparaître le silence, le vide, l’espace infini, la paix, la sérénité, l’unité… toutes ces expressions sont une facette de la même expérience, de la même vérité. Le mental se calme, l’émotion se pose, le cœur s’ouvre, notre vie n’existe plus car nous sommes la vie, le passé n’existe plus car le futur n’a plus vraiment d’importance.

Alors nous goûtons le cœur de notre être véritable.

Le livre “Au cœur de l’instant” a été pour moi un support pour réaliser cela. Cette prise de conscience s’est aussi faite, pour moi, dans tout un cheminement. Il y a des personnes qui connaissent le même éveil comme cela, sans avoir eu ce que nous pourrions croire un chemin.

La vie fait ses choix.

Jean d’Orval parle de l’ébranlement originel. Dans ce non-temps, cette félicité, tout, absolument tout, chante. Là, j’y vois cet ébranlement où chaque seconde devient un émerveillement, un étonnement. Ainsi, dans la grande surface du silence ou du vide, se joue la danse de la vie qui apparaît justement à partir de cette surface. En comprenant cet ébranlement originel, j’ai réalisé que vouloir contrôler ou maîtriser ce jeu ou “ce Je”, est une hérésie et aussi la meilleure façon d’effacer la joie à sa conscience. Pour moi, nous sommes la vie à partir du moment où nous la laissons être, là se passe la liberté et non pas dans le fait de pouvoir faire ce que nous voulons faire. Cette idée résulte dans la recherche égotique d’être libre, et l’égo dans son essence même ne l’est pas puisqu’il est bâti sur l’évitement d’un vécu passé.

Dans cet étonnement du « ce qu’il se passe », tout devient constatation et la seule chose qu’il y a alors à faire, c’est ce qu’il y a à faire dans l’instant sans équivoque.

Pour conclure, j’aime cette vie où il m’a semblé partir d’un tout qui me faisait me ressentir un rien, qui me fait arriver à un rien qui épouse le tout.

Le « poor lonesome cowboy » a cessé de chercher à se soigner ou à se changer, il s’applique chaque jour à laisser ouvert le robinet intérieur, afin que la source, comme sa nature le souhaite, puisse circuler librement en et autour de lui.

Pour finir :

L’histoire la plus drôle est celle que je vis.

L’histoire la plus triste est celle pour laquelle j’ai tout fait et tout essayé sans jamais y arriver.

La vie nous entraîne dans son labyrinthe où, comme dans les montagnes russes, le plaisir arrive lorsque nous lâchons prise. Aussi, “l’habit rien”, s’il-te plaît, entraîne-moi dans les découvertes extraordinaires du simple présent.

Si vous avez aimé cet article, je vous remercie de cliquer sur ce lien : j’ai aimé cet article !  Il participe à l’événement inter-blogueurs “Les 3 livres qui ont changé ma vie” organisé par le blog Des Livres Pour Changer de Vie. Chaque mois le site developpementpersonnel.org dans son événement : la croisée des blogs dont voici le dessin :

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