Pour une Terre Happy – fragments de séance (6)

Comment lâcher prise ?

Et retrouver le goût de l’immensité.

 

Crackenboum avait expérimenté dans les dernières séances le goût de l’immensité. Malgré qu’elle soit repassée par la traîne de l’association des regrets et de la protection, la joie de l’immensité brillait encore dans sa conscience. Pourtant les problèmes avec son chéri la tarabustaient encore. Le désespoir de ne pouvoir s’installer dans un amour prometteur et stabilisé, occupait ses pensées.

Je lui fis remarquer que peut-être cette obsession ou “homme-session” cachait une autre incapacité plus proche de ces difficultés d’actions. Cette remarque nous amena à introspecter la question boulot/chômage et amena aussi Crackenboum à revenir sur son expérience désastreuse où sa chef, en apprenant qu’un enfant attendait dans son ventre la vie, lui avait rétorqué, qu’elle ferait mieux de l’éteindre. Craquenboum n’avait absolument pas apprécié cette vision. Son inconscient en avait soulevé une flopée de “ce monde est dégueulasse” de “cela ne vaut pas le coût” et son comportement œuvrait pour ruiner ces recherches d’emplois afin de stopper cette autorité sans merci. Son métabolisme psychique associait ce choc à d’autres quelque peu plus violent.

 

Revendiquer sa vie, n’aide pas à apprécier sa vie.

 

L’autorité de référence existait donc déjà, bien avant cette chef d’entreprise masculine, les coups donnés par son père avaient poussé son mécanisme de survie à inscrire des sensations de meurtrissures et de déchirures que ses muscles gardaient bien au chaud dans leur fibre, afin de garder en vigilance un éventail de réactions d’isolement protecteur où son inconscient calculait : “monde égal père égal danger”. Notre survie nous débrouille tous en transposant les impressions expérimentées non passées et non digérées. La survie n’aide pas l’acte du lâcher prise, elle garde et entretien en son sein les éléments de sa défense et de son identification. Quand on s’est senti rien et que cette impression a été vécu comme un danger imminent d’une disparition puis refoulé, nous appelons notre cerveau à commander des comportement de revendication de notre existence. Revendiquer sa vie n’aide pas à la vivre.

 

Le laisse faire : laisser passer les sensations, les émotions et les pensées.

 

J’orientais l’introspection vers les sensations.

“Qu’est-ce que tu vis comme sensation, quand cette femme te dit ni plus ni moins qu’il serait mieux que tu avortes ?”

Les sensations se centralisaient sur les épaules puis le dos. Nous identifiâmes la sensation des coups reçus. Je proposais à Craquenboum de se concentrer sur celle-ci tout en laissant passer devant son esprit les émotions de colères, de peurs et de tristesse comme de pensées conflictuelles que son refus à laisser vivre ce vécu de situations passés, commandaient.

Dans un échange sur les qualités et aspects des sensations que Crackenboum percevait sur ses épaules et son dos et leur évolution suivant le lâcher prise qu’elle exerçait sur ces qualités des sensations, nous arrivâmes doucement à la circulation de vie que ses bras expérimentaient. Je lui dis, à ce moment, à peu près ses mots ;

“ Les bras représentent l’action et le père. Ils te permettent de prendre ce que tu as besoin comme de le transformer par tes mains, ils te permettent aussi de donner et d’échanger ce que tu as transformé. Ils sont un des instruments de ton autonomie, tu peux leur en être reconnaissant…” La conscience focalisée qu’exerçait Craquenboum sur ses bras, le plongea doucement dans une conscience délicieuse. Je soulignais le mouvement imperceptible qui œuvrait dans ses membres supérieurs. Doucement, il ressenti qu’ils s’ouvraient, s’ouvraient, comme des ailes, ainsi il fit l’expérience d’un des traits de notre liberté.

4 commentaires pour Pour une Terre Happy – fragments de séance (6)

  1. Myrianne 10/12/2012 à 10:06 #

    Bonjour Didier,
    je suis intéressée par ta façon de mener un travail, bien que n’ayant pas saisi tous les liens de celui-ci.
    Je suppose qu’il n’est pas facile de retranscrire ce qui se joue dans plusieurs séances, et il n’appartient qu’à la personne même de faire ces liens.
    A la fin de l’article tu notes:
    « La conscience focalisée qu’exerçait Craquenboum sur ses bras,
    le plongea doucement dans une conscience délicieuse. Je soulignais le mouvement imperceptible qui œuvrait dans ses
    membres supérieurs. Doucement,
    il ressenti qu’ils s’ouvraient, s’ouvraient, comme des ailes, ainsi
    il fit l’expérience d’un des traits de notre liberté. »

    s’agit-il d’un homme? ou de cette femme enceinte?

    Je cherche à comprendre la fiabilité d’une « méthode », en l’occurrence la tienne avant de la solliciter, et c’est je suppose le but de tes exemples.
    Merci pour tous les articles si intéressants de ton site.
    et merci pour ta réponse

    • Didier 12/12/2012 à 6:52 #

      Bonjour Myrianne, Les descriptifs des séances sont surtout des moyens de parler du lâcher prise qui peut y être expérimenter avant de me faire une sorte de pub. Les personnes pour qui l’article est écrit ont pour la plupart beaucoup apprécier de lire leur séance. Pour ta question, il s’agissait de cette femme enceinte. Pour la fiabilité de ma méthode, je pense que tu parles de son efficacité, non ? Ma manière de pratiquer repose sur la capacité d’apprendre et de laisser passer les sensations (ce côté est relativement facile pour toutes et tous), les émotions et les croyances et les mois sur lesquelles nous identifions notre image (ceci est plus difficile). Cela peut demander du temps et du soin pour laisser sa vie intérieure, faire. Prendre le sentier vers soi est un voyage plus que passionnant, mais il demande de s’occuper du moment bien plus que de l’objectif et d’accepter de regarder ses comportements en face, sans jugements et dans la constatation. Alors les pièces du puzzle se regroupent sous nos yeux. La meilleure façon de te rendre compte de ce que je pratique, c’est de l’expérimenter en trois séances. Si tu as d’autres questions, n’hésite pas. Je te souhaite une bonne journée.

  2. Toujours une si belle écriture ! Nos traumatismes peuvent bien, sans même que nous nous en rendions compte, gouverner notre vie actuelle. Heureusement que nos émotions, aussi désagréables soient-elles parfois quand on les rejette, sont là pour nous alerter.

    • Didier 26/10/2012 à 9:54 #

      Bonjour madame bonheur. Merci de ton passage dans mon humble demeure, tu y es la bienvenue. Et si mon écriture peux te donner un certain plaisir, c’est déjà une belle circulation. En rapport au traumatisme, j’ai découvert qu’il y avait quelque chose de très intéressant : la peur de disparaître, d’être emporté et de perdre son intégrité. Je ne vais pas m’étendre dans ce commentaire, des articles en parlent et en parleront, mais notre intégrité est construite sur la résistance à notre origine : le vide, le silence. Quand nous nous apercevons de cette résistance, qu’elle soit mentale / émotionnelle ou sensitive, nous laissons alors la vie suivre son cours et nous pouvons goûter en nous l’origine notre seule mère et père. Bien à toi mon amie. Didier

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