Pour une Terre Happy : fragments de séance (1)

Comment lâcher prise ?

Un jeu d’illusion peut en cacher un autre

Venez jusqu’au bord.

Nous ne pouvons pas, nous avons peur.

Venez jusqu’au bord.

Nous ne pouvons pas, nous allons tomber.

Venez jusqu’au bord.

Et ils y sont allés.

Et il les a poussés

Et ils se sont envolés.

                                  Guillaume Apollinaire

 

Dans le cheminement que je propose, je pousse souvent au bord, comme le décrit admirablement Apollinaire.

Bien comprendre que je ne pousse pas au bord de l’horrible inquiétude que nous pouvons éprouver émotionnellement et émotivement lors d’un événement, qui parfois peut nous sembler comme un vide assassin. Non, je pousse dans ces sensations, émotions et vibrations qui naissent de « notre fort-fragile intérieur » et qui amènent notre biologie à interpréter, suivant notre besoin, ce qui est activé en nous et que nous vivons comme un vide assassin, justement. Là, danger n’est qu’illusion.

Afin de mieux saisir, voici un fragments de séance :

Bulle risque de perdre son emploi. Son salaire s’est déjà vu amoindri, il ne sait pas comment il va s’en sortir : pas vraiment de qualification, plus de 50 ans… dur / dur….. Sa compagne lui en veut, elle trouve qu’il ne fait pas d’effort, qu’il ne s’est jamais bougé, leur maison tombe en ruine, elle a une bonne place stable, alors elle porte la plupart des frais. Ils ont un jeune enfant ensemble. Les frais sont trop importants, elle rompt avec lui.

Bulle vient à la séance avec l’âme dans les chaussettes. Il est plein de peur, il se voit “mort comme un chien, emporté par le caniveau”. Il imagine le pire… Je le laisse faire. Au moment où l’imagination amène trop de souffrance interne, je l’aide à se focaliser sur ce qui le pousse à projeter cette peur.

Que se passe-t-il, Bulle …. Toute sa haine remonte – la haine est un exutoire de la peur. Il a envie de détruire le monde et lui avec. Sa mère jadis a frôlé plusieurs fois la catastrophe, il la porte, la protège et la craint à la fois…. je l’aide à conscientiser toute ces impressions et plus… puis à s’en libérer.

Au début c’est difficile, la peur de la peur l’en empêche et le protège contre ce qu’il enferme.

Bien comprendre ce mécanisme : quand nous projetons par exemple une peur à l’extérieur, celle-ci devient contrôlable et plus gêrable, nous nous en sentons moins atteint. C’est pourtant elle qui porte notre action.

J’aide Bulle à se laisser traverser par toute cette ambiance retenue dans ses muscles même. La délivrance arrive, peut-être pas complète, mais suffisante.

Quelques heures après il concrétise deux affaires.

de votre partage, vos questions ou remarques.

12 commentaires pour Pour une Terre Happy : fragments de séance (1)

  1. rio 25/04/2012 à 10:51 #

    La peur est malgrè tout essentiel pour rester en vie, c’est elle qui nous permet d’eviter des situations ingérables voire fatales mais maitriser ses peurs permets egalement de se depasser en prennat le controle…

    • Didier 25/04/2012 à 12:01 #

      Bonjour Rio, Déjà merci pour tes 4 messages, cela fait plaisir, merci aussi pour ton lien « téléphonie » je regarderai cela de plus près. Je te réponds à ce commentaire car il va dans ce que je vais exposé et exprimé sur ce blog. La plupart du temps, nous avons plus des craintes que des peurs. Ces craintes sont basées sur une lecture d’expériences passées (qui sont aussi celles de nos parents) et donc sur des peurs hors contexte. Nous construisons notre identité, notre moi, la dessus. Aider à réaliser de qu’il se passe autour de ce que je viens de dire, est je crois impossible. Et c’est phénoménal vu que c’est un « phénomène » de survie. La survie est de faire en sorte que notre corps reste dans son intégralité – sommes nous notre corps ?. Si le sujet t’intéresse, je te propose de t’inscrire à la lettre d’information car cela donne droit à : recevoir un recueil d’articles avec un texte de lien sur une facette du sujet chaque trimestre (ainsi les explications vont être centralisées) – une gratuité à des Econférences – un tarif préférentiel sur les séances. Bien à toi. Didier

  2. Alessandro 14/02/2012 à 6:04 #

    Salut Didier,

    C’est impressionnant ce que le déblocage permet.
    Ici en à peine quelques heures après.

    Ça me dépasse mais je trouve cela incroyable.

    À+

  3. hannah@methode Tipi 08/02/2012 à 10:23 #

    Bonsoir Didier,
    C’est agréable de lire les séances des autres…
    Connais-tu l’excellente série américaine « in treatment » avec Gabriel Byrne?

    • Didier 09/02/2012 à 6:16 #

      Eh Hannah, bonjour ! En quoi est-ce agréable de lire les séances des autres ? Dis en un peu plus, STP. Pour « in treatment », non je ne connais pas, je n’ai plus la TV, mais j’aime beaucoup Gabriel Byrne.
      A+

  4. Daniel 06/02/2012 à 3:11 #

    Salut Didier,

    J’aime tout particulièrement ton texte « Afin de mieux saisir, voici un instantané tiré d’une séance :…. ».

    On ne peut pas dire que je sois hermétique à la poésie mais… quelque part, j’ai gardé une âme d’enfant et si l’écriture « belle et juste » ne m’est pas imposée par l’auteur d’un thème que je veux découvrir, j’irai plus volontiers vers l’accessible sans tourments inutiles.

    J’apprécie le facile à lire et à comprendre sans ambiguïté. Je me méfie d’un trop plein d’allégories ou de paraboles que chacun comprend et interprète à sa manière.

    Quelle horreurs que toutes ces guerres de religions (ou d’écoles) provoquées souvent par l’interprétation différente de ce que quelqu’un n’a pas dit avec simplicité et sans équivoque possible !

    C’est bien, quand on peut comprendre tous la même chose… dés la première lecture ! J’aime un texte simple, qui ne soit pas forcément simpliste, dont le contenu est plus important que la forme.

    Voilà pourquoi j’ai apprécié ton « instantané » !

    • Didier 09/02/2012 à 6:13 #

      Merci Daniel de ton partage – que je comprends et que je partage pour ce qui est des textes « techniques ». Par contre j’aime l’art, quel qu’il soit – comme ces milliards de gens, de fleurs, de mouvements…beaux ou laids… fades ou fins… qui agrémentent de leurs grains les tableaux de la vie. Les milliards de parfums, de goûts …. qui nourrissent nos sens en nous obligeant presque, par cette profusion, à se réfugier….dans l’unité.

  5. philippe@repartirplusfort.com 06/02/2012 à 11:17 #

    Bonjour Didier,

    Très joli…le passage d’Apollinaire…
    Je ne le connaissais pas…
    ça remue…

    Philippe

    • Didier 09/02/2012 à 6:06 #

      Salut Philippe,

      Tu sais, quand tu te laisses tomber….dans la confiance… et quelque chose en plus.. tu ne tombes pas (même physiquement) tu tournes dans une spirale et tu repars plus fort … bien sûr.

  6. Philippe 05/02/2012 à 7:32 #

    Salut je voulais te remercier de ta visite et je trouve ton site agréablement doux et romantique, Je passerais mois aiussi de temps en temps pour me rafraîchir l’esprit, Un joyeux weekend glacé (-15 ici en Suisse). Prends soin de toi. A bientôt
    Philippe

    • Didier 05/02/2012 à 9:26 #

      Merci Philippe de ta visite et de ton mot gentil, ici c’est aussi -15. Au moins, c’est l’hiver. Et j’aime le bon froid sec.
      A+ sur nos blogs. Didier

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