Quand un plus un, égal une multitude d’unité.

Piécette pour un moi, ou

Dialogue entre mes moi(s) en émois.

 

– Qu’est-ce que je vois ? 

– Eh bien, je vois ce que je vois !

– Oui mais quoi ?

– Mais ce que je vois, un point c’est tout. 

– Mais qui voit ? 

– Et bien moi ! 

– Mais qu’est-ce qui me permet de dire que telle chose est telle chose. 

– Et bien mes connaissances.

– Et d’où je tiens ces connaissances ?

– De mes parents, de l’école, de la société !

– Et tout ce joli monde a la connaissance ?

– Heu connaissance, cela dépend sur quoi !

– Et puis d’abord est-ce qu’une mouche verrait l’objet que tu regardes de la même façon que tu la vois ?

– Je n’en sais rien, je ne suis pas une mouche, moi !

– Oui, mais moi comme la mouche voyons le même objet !

– Oh écoute, je n’en sais rien, demande à la mouche !

Ah oui demande à la mouche si elle voit comme toi ou moi. Ainsi l’objet regardé dépendrait aussi de l’oeil qui le regarde ?

Mais qu’est-ce que c’est cette fable.

– Mais je sais bien, cette fable de Gérard SzymanskI tiré de son livre la métaphore – voie royale de la communication et raconté par Cédric du blog virtuose marketing

– Ecoute il s’agit de quatre personnes qui ont quatre professions différentes. Elles se trouvent, toutes quatre, dans les montagnes d’Ecosse. 

Arrivés au sommet, elles aperçoivent un mouton noir sur une crête avoisinante.

Un ingénieur déclare : “On voit que les moutons écossais sont noirs”.

Sur quoi un physicien expérimental répond : “ Il serait préférable de dire que certains moutons écossais sont noirs”.

La dessus son homologue théoricien rétorque : “ Non, il serait plus correct de dire qu’au moins un des moutons écossais est noir.”

C’est alors qu’un philosophe clôt le débat en ajoutant : “ Heu, d’un côté du moins, je me permets d’ajouter.”

 

Tout cela est bien compliqué, pourquoi se casser la tête pour un mouton noir ?

– Ah, mais, parce qu’il est noir, justement; Il serait blanc encore, passe. Mais il est noir.

– Raciste va.

– Te te te te ! Demande à la mouche, si il est noir. Demande au colibris, au verre de terre, à la limace.

 

Ah mais c’est vrai cela. Dis-moi :

Qu’est-ce que voit les animaux,

Qu’est-ce que ressentent les plantes,

Que racontent les montagnes ?

– Oh mais ils n’ont pas d’intelligence eux. 

– Ah bon ! Parce que pour voir le même objet, il faut être intelligent. Et d’abord, qui me dit qu’ils n’en ont pas, d’intelligence.

– Moi, parce que je le suis.

– Ah ouais ! je suis !

– Oui, na !

Quand nos sens nous font tourner les sangs.

 

– Nos sens sont pour beaucoup dans notre perception du monde. 

Quand ce qui est perçu est traumatisant et/ou dangereux pour moi, je commande à mon cerveau de m’en rogner une partie. Ce “rognage” change donc ma perception du monde, voir de moi-même. 

– Et la vision de la mouche ? 

– Ah non ! Faut pas pousser. 

– Tu as raison, faut pas pousser, restons intègre avec soi, n’est-ce pas mon moi ?

Tu sais bien cher lecteur, ce je ne suis jamais mieux servi que par moi-même.

– Et dis donc, dire que tout cela est inconscient.

– Inconscient, oui mais tout de même ce que je vois est ce que je vois, comme ce que je pense ou ce que je sens, non ?

– Ah mais pas du tout. Prends bien en compte ce rognage, qui rogne jusqu’à la connaissance de moi. Tout va influencer ma lecture du monde et de moi-même. L’histoire parentale, mon histoire, ce que l’école, la société va me raconter, ce que ma protection  éviterait de prendre en compte et ce que mon envie ou mon désir voudrait. Tout ceci va faire que mon moi, mon cher moi, sera prêt à tout falsifier, justifier, arranger, tourner et détourner. Ainsi, l’observateur colle sur le monde, ses propres images, ses propres définitions, ses propres associations parce que le monde correspond à ce qui est appris et contrôlé.

– Brrrr ! Terrifiant !

– Ah, mais pourquoi, terrifiant ?  Il faut bien être différent de la mouche pour ne pas voir comme elle.

– Oui, mais c’est de la corruption, du mensonge.
– Oh, mais mon cher moi, corrompre est un bien grand mot. Et voudrais-je être une mouche ?

– Brrrr ! Terrifiant, avec ces yeux globuleux, ces pattes qui se chatouillent le nez et ce bzzzz toute la journée. Autant être “acouphèneux.”

– Ah, je vois, j’ai fait mouche.

– Oh ! que tu es bon, là. 

Le cerveau ne connaît que lui-même.

Mais malgré tout, il nous faut vivre ensemble, mon cher moi.

– Oh oui, et cela donne une belle multitude, beaucoup d’expressions de langages différents. Combien de coutumes, de rites, de cultures façonnent l’expression de la vie ?

– Quel bordel, tout le monde fait comme il veut, ce qu’il veut et au bout du compte personne ne voit la même chose, dit la même chose. Et je ne sais plus, moi-même, ce que je vois. Cela ne va plus. Que fait la police ? Que fait l’état, l’autorité, le président ? S’il vous plaît, j’ordonne le formatage exclusif et général de la perception sensorielle, humaine, végétale et minérale. Et que tout le monde, s’il-vous-plaît, voit, sente, entende la même chose, bordel – merci et s’il vous plaît !

– Ah mais je me rebelle ?

– Ecoute-moi, il y a neuf raisons de ne pas s’entendre, a dit Laborit :

entre ce que je pense – ce que je veux dire – ce que je crois dire – ce que je dis – ce que l’autre veut entendre – ce qu’il entend – ce qu’il croit comprendre – ce qu’il veut comprendre – ce qu’il comprend.

– Oui, c’est un Waterloo non organisé. Nous ne pouvons même pas tuer tout le monde.

– Eh non, qui ferait mon pain, qui me permettrait de travailler, de bénéficier d’un train, d’avoir de l’essence dans ma voiture et tant d’autres choses ?

– Eh oui, je suis condamné à l’unité.

– Finalement, je ne peux pas faire autrement que d’être moi et de me débrouiller à accepter les autres moi.

– Eh oui, c’est comme cela.

– Il n’y a pas de justice.

 

Conclusions.

Les deux moi(s) continuèrent gentiment leur conversation. A un moment précis, l’un et l’un, finirent par regarder le même objet. Tous les deux rirent beaucoup lorsqu’ils remarquèrent, tout en discutant, que malgré le fait qu’ils observaient le même objet, ils ne voyaient pas la même chose. Ils rirent, rirent et encore rirent beaucoup tout en continuant leur échange. C’est presque en même temps qu’ils remarquèrent qu’ils ne parlaient plus de l’objet, mais de leur vie, de leur histoire, de leur compréhension… Ils en furent étonnés, mais continuèrent jusqu’à vider totalement leur sac. Là, ils se demandèrent si cette histoire servait l’objet ? A ce moment-là, ils réalisèrent le fait que leurs associations les empêchaient de voir clairement l’objet. Alors, un voile se déchira. 

 

Ils s’aperçurent que l’objet faisait exactement avec eux, ce qu’ils avaient fait auparavant : servir sa vie et leur vie.

 

Les commentaires sont ouverts.

3 commentaires pour Quand un plus un, égal une multitude d’unité.

  1. hannah@technique Tipi 29/10/2012 à 8:34 #

    Tu es trop Foooort!

  2. Didier 29/10/2012 à 8:15 #

    Salut Hannah, j’irai lire ton mouton noir. Pour ta croisée l’article est déjà déjà écrit je le publie cette semaine.

    Bises Didier

  3. hannah@technique Tipi 29/10/2012 à 3:37 #

    Cher ami,
    Toujours aussi clown!
    J’adore Laborit. je l’ai découvert dans le film « mon oncle d’Amérique » qui commence
    à dater d’ailleurs mais qui n’a, j’en suis certaine, pris aucune ride au niveau des
    expériences relatées.
    J’ai mis du temps aussi à trouver une chute à la petite histoire de Cédric et son mouton noir , et puis,
    en monstre de travail que je suis, je m’y suis mise.
    Bon tu sais que je vais te demander du travail aussi!
    C’est moi qui organise la Croisée des Blogs ce mois-ci!
    Je te mets un lien vers mon article de lancement.
    http://www.forme-sante-ideale.com/croisee-des-blogs-ecrivez-aujourdhui-votre-article-sans-le-remettre-au-lendemain/

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